Comme nous tous, je me suis aventuré dans les pratiques spirituelles et alternatives espérant y trouver paix et bonheur. Lorsque je fus prêt, j’ai démarré ma propre activité, espérant que d’autres allaient pouvoir jouir du même bonheur que moi. Mais cela fait plusieurs années que je rencontre un problème majeur dans le milieu du spirituel.
Le modèle
Des énergéticiens, des médiums comme moi, exercent une profession reconnue comme libérale dans notre société et, sont en concurrence indirecte avec leurs « collègues »… Sans compter le fait que la spiritualité est en ce moment un phénomène très à la mode. Chaque praticien doit tout faire pour nous démarquer et attirer les personnes. Nous promouvons alors nos services, notre personne, comme un vendeur doit vendre des produits.
Ce n’est pas un phénomène surprenant : tout bon vendeur sait que la personne ne paie pas pour un produit mais pour vivre un ressenti. Chez nous, c’est un sentiment d’accomplissement.
C’est logique. C’est humain.
Je participe tout autant à ce système.. Il faut bien manger. Mais le système a pris alors une tournure très perverse : en bons vendeurs, nous nous sommes inconsciemment et progressivement focalisé sur le sentiment plutôt que sur le résultat en lui-même.
Qu’est-ce-qui change ?
Au fil des années, j’observe le phénomène suivant : la personne se retrouve dans une recherche constante du sentiment, au point de vivre dans une bulle où elle perd tout contact avec la réalité. Et, très curieusement, je vois ce sentiment d’accomplissement prendre petit à petit un autre sentiment : je vois que les personnes se sont mis à rechercher un sentiment de valorisation.
A nouveau, je ne peux que comprendre. L’homme a toujours recherché cela, à toutes les époques, sur tous les continents. Et nous souffrons tous de cela. Mais notre milieu exacerbe le problème car il entretient la dépendance au souci.
D’une part, je vois beaucoup de personnes devenir addictes à avoir un problème existentiel à régler de manière obsessive, à un point où je me demande si, risquant de perdre toute importance, elles renoncent à aller bien (oui, à ce point !).
D’autre part, je vois beaucoup de personnes qui se disant « spirituelles », commencent à prendre les gens de haut, convaincus d’avoir la science infuse de par leur « intuition » ou notre « sagesse éveillée », commencent à ne plus écouter les autres parce que leur « ressenti dit que » ou bien qui vont s’infantiliser pour pouvoir obtenir un maximum de reconnaissance.
De par notre attitude, j’observe le phénomène suivant : de plus en plus de personnes perdent pied avec la réalité et se réfugient dans une « bulle spirituelle » de réconfort, au point de perdre contact avec eux-mêmes.
Ce n’est pas un phénomène propre à notre milieu. Il est humain, sociétal, certainement au niveau occidental. Et je me suis intéressé au domaine de la spiritualité pour justement avoir les pieds sur terre…Sauf que ce milieu exacerbe le problème en cet instant.
Comment je comprends mon métier ?
À mes yeux, le principe même de la spiritualité consiste à se détacher de manière à agir, de manière consciente et responsable, avec tout son pouvoir. À ne plus en avoir besoin d’un médium, de messages de réconfort, pour se sentir vivant. Donc, mon but est que la personne ne soit pas régulière à mes séances, où arrête de chercher le ou la praticienne qui lui procure ce sentiment d’importance.
Je ne me vois que comme une bulle d’air pour aider la personne à être dans la vie et non la fuir. Une bulle d’air. Rien de plus.
Comment je comprends la spiritualité
Etymologiquement, « spiritualité » signifie « relatif à l’esprit ». Cela signifie que quelque part, une pratique spirituelle consiste à rencontrer son esprit, donc soi-même.
Pour pouvoir faire la rencontre avec son esprit, on doit pouvoir prendre le temps de faire face à soi-même plutôt que de chercher un sentiment qui comble un manque. Pouvoir être honnête avec soi-même et assumer ses actes dans la vie quotidienne sont les bases d’une bonne spiritualité.
La spiritualité est avant tout un travail individuel, lequel demande un engagement profond. Ce n’est pas une activité récréative hebdomadaire.
Être spirituel, c’est apprendre à devenir adulte.
Conclusion
Le problème est plus complexe que pour pouvoir être résumé en un cet article.
Mais que pouvais-je faire : tirer une sonnette d’alarme ? Vivre avec mon temps ? Renoncer à mon métier pour éviter de faire pire ?
En tout cas, je prends position :
Un ami psychologue m’a dit que notre travail, en tant qu’aide, consistait à permettre à autrui de se réapproprier son pouvoir et sa liberté mais pas de faire le boulot à sa place. Nous en sommes incapables. C’est la raison pour laquelle je fais ce métier.
Si être maître de vous-même et de votre vie est votre souhait, voici mon lien et mes formations.
Mais sachez ceci : je ne vends pas du rêve, ne materne pas de manière à vous donner un sentiment d’importance et connais mes limites légales. Je ne suis ni thérapeute, ni psychologue. J’espère donner un cadre alternatif aux pratiques traditionnelles pour que qui veuille puisse faire face à sa réalité, à soi-même et en ressortir meilleur.
